
1. La création de la musique
2. La contribution de l’armée
3. L’entre-deux guerres
4. La musique
au lendemain de la seconde guerre mondiale
5. A partir de
1980 : Une nouvelle musique municipale
6. Les années 2000
1. La création de la musique :
La première trace écrite de l’existence d’une société de musique à Ancenis
date du 19 mars 1873. L’achat et la location d’instruments de musique sont
jusqu’à la fin des années 1880, le souci permanent de la société qui va jusqu’à
s’endetter sans pour autant parvenir à faire face aux frais.
Le 3 juillet 1889, à la demande de la société, la ville décide de la
prendre en charge sous certaines conditions : « la Société prendra le nom
de Musique Municipale et se tiendra à l’entière disposition de la
municipalité »
En 1893, toutes les difficultés ne sont pas résolues pour autant. « Le
Conseil est d’avis qu’il y a lieu de prier les membres de la Musique Municipale
de fréquenter les répétitions d’une façon assidue », et menace de
supprimer les subventions. C’est la dernière allusion à cette société.
Nous arrivons à 1897, date retenue par la mémoire orale comme année de
naissance de la Musique Municipale d’Ancenis.
Jules Blondel, artisan-tapissier de son métier, crée une fanfare avec 35
musiciens d’Ancenis et de St Géréon. D’un niveau déjà élevé, dans les concours,
cette formation remporte prix et médailles en 1901 à Pornichet, 1904 à St
Nazaire …
2. La contribution de l’armée :
Le 14 janvier 1900, Jules Blondel dirige un concert de bienfaisance avec
la participation d’un militaire de carrière M. Hainaut, clarinettiste.
A cette époque, la musique de l’armée contribua à la formation et au
développement des musiques civiles, fanfares ou harmonies. Le corps d’armée
n’était pas toujours en mesure de participer aux manifestations et
périodiquement, la musique s’en trouvait affaiblie.
Pendant quelques années, la société ne fonctionnait plus, suite à une mésentente
entre les musiciens. Elle reprit en 1907 sous la direction de M.
Hainaut et de M. Blondeau qui sera sous-chef en 1908.
Après la reprise, la municipalité s’intéresse au sort de la nouvelle formation :
« le Maire rend compte qu’un certain nombre de musiciens sont disposés à
faire partie de la Musique Municipale si cette musique était reconstituée. D’un
autre coté cette reconstitution serait favorablement accueillie par la
population. Le Conseil décide qu’il y a lieu de reformer une Musique Municipale
».
En 1909, la Musique d’Ancenis adhère à la Fédération Musicale Bretagne
Anjou (FMBA). M. Hainaut en fera l’une des meilleures de la région jusqu’à
sa dissolution par la Première Guerre Mondiale.
3. L’Entre deux guerres :
Au cours de cette période, notre association, reformée dès 1919 par M.
Blondeau, sous le nom d’Union Musicale, semble connaître un fonctionnement
régulier. A partir de novembre 1920, la municipalité apporte son soutien.
En 1923, la société est affiliée à la F.M.B.A comme fanfare avec 33
exécutants. La même année, à l’occasion de l’inauguration du monument aux morts,
elle donne un concert « sous la direction de son distingué chef M. Blondeau ;
il obtint un franc succès ». Cette activité a pris de l’importance au sein
du groupe pour qui, par ailleurs fêtes de quartiers et autres se succèdent mais,
jouer en salle, même si cela se passe sous les Halles, valorise la formation.
Un changement de direction s’opère en 1926. Marcel Douet, hautboïste,
ancien sous-chef de musique des 64è, 65è et 135è
RI a remplacé M. Blondeau obligé de quitté Ancenis.
La seconde guerre mondiale stoppe le fonctionnement de l’association.
Le 5 août 1944, Ancenis est libérée. Rassemblés par Edouard Lecoindre,
quelques musiciens défilent et jouent la Marseillaise « cette courageuse
harmonie de la musique guerrière, qui nous entretient et nous échauffe les
oreilles et l’âme ». Cette brève cérémonie ne semble avoir laissée aucune
trace écrite. Cependant le 2 juin 1945 la municipalité note, à propos de la
musique « les efforts faits par cette société depuis la libération pour les
cérémonies ».
4. La musique
au lendemain de la seconde guerre mondiale :
En 1947, la fête que la musique a organisée pour ce qu’elle croyait être
son cinquantenaire, est marquée par un programme de choix.
Les 1er et 2 février, « à l’occasion de l’inauguration de la salle municipale
des fêtes, deux grandes représentations de gala furent données en notre ville
sous la présidence de M. Tisserand, Sous-préfet, et M. Lubineau, Maire. Sous la
direction de Marcel Douet, le succès des concerts fut considérable. Il y avait
au programme des comédies et une sélection de Mireille, l’interprète principale
étant Mlle Zéna Branchereau, avec chœur et orchestre. En outre le fameux
concerto de Wettge pour deux clarinettes fut remarquablement interprété par MM.
Jean Bondu et Guy Navel ».
La compétence de Jean Bondu le place à la tête de la Musique Municipale en
qualité de chef, en 1952. Prix du conservatoire de clarinette, violoniste,
il compose aussi. Certaines de ces compositions figureront au répertoire.
A ces cotés, on trouve à la présidence, M. Lubineau qui avait encouragé la
reprise à l’issu de la guerre. Lui succède après sa mort, le 5 décembre 1953, un
adjoint au maire, Louis Fromy qui s’éteint en 1957 à la suite d’une maladie. Il
sera remplacé par Théophile Leroux.
Dès son arrivée à la tête de l’harmonie Jean Bondu doit faire face à deux
difficultés majeures : le manque d’assiduité des musiciens aux répétitions et le
recrutement problématique d’éléments susceptible de demeurer sur place.
Néanmoins, pendant une vingtaine d’années, la société montrera beaucoup
d’allant. Festivals, concerts, fêtes des fleurs, sorties annuelles à Lorient,
Rennes constitueront une partie de leurs activités.
Le 17 mai 1959, l’Harmonie d’Ancenis est classée en troisième division
deuxième section. Elle obtient le 1er prix avec médaille d’or et le
challenge Duigou de la F.M.B.A.
Résultats encourageant pour Jean Bondu et ses musiciens qui, avec raison,
souhaitent désormais paraître en tenue de sortie ; pour le plaisir de yeux, le
costume d’apparat s’impose.
En 1960, pour la première fois, tout le groupe se présente en uniforme à la fête de la Ste Jeanne D’Arc. Le public manifeste chaleureusement se satisfaction.

En 1965, la progression de la société permet son classement en
deuxième division, première section. Cette réussite est due à la compétence du
chef, au travail des instrumentistes, à la formation des jeunes à qui des cours
de solfège et d’instruments sont gracieusement dispensés.
L’effectif étant faible, la Municipalité lance en 1969, un appel pour recruter
des musiciens. En vue de créer une école de musique, Jean Bondu entre en rapport
avec le Docteur Moutel, le maire. Le décès accidentel de celui-ci met fin à ce
projet.
En 1970, la clique de l’Union Sportive Ancenienne (USA) qui, conduite
par Guy Navel, participait déjà aux défilés et aux concerts populaires, intègre
définitivement la Musique Municipale.
Sept concerts sont encore donnés aux cours de l’année 1971, mais les conditions
de leur préparation deviennent difficiles. Les efforts entrepris pour donner vie
à la société restent vains.
Dès 1972, faute de musiciens, les concerts sont supprimés, la
participation aux fêtes publiques n’est plus possible. Seules les cérémonies
officielles sont encore assurées.
Le 2 mars 1972, Jean Bondu informe le maire que la musique met fin à
toutes ses activités. Mise en sommeil, il lui faudra 5 ans pour renaître.
5. A partir
de 1980 : Une nouvelle Musique Municipale :
La reprise s’amorce en 1980. En accord avec la municipalité, Pierre
Lefeuvre, président de l’école de musique Arpège, et un tout jeune chef
Christian Prévot, prennent leur bâton de pèlerin pour rassembler des musiciens
de l’ancienne formation, des élèves et des membres d’Arpège.
La tache dévolue au nouveau directeur est ardue. Muni du Baccalauréat de
technicien de la musique (F 11), ancien élève du Conservatoire de Nantes,
professeur de trompette et de musique, membre de l’union Philharmonique de
Nantes, par ailleurs employé de bureau il reprend en main la société. Pour le
seconder Louise Blondel, fille de Louis Fromy et musicienne est élue présidente.
Les répétitions reprennent et le 14 juillet la nouvelle Musique Municipale,
composée de l’harmonie et des tambours et clairons, effectue sa première sortie.
Dès 1982, elle réalise de nombreux déplacements, mais sa faiblesse inquiète son
chef. Christian Prévot a compris la nécessité de moderniser les programmes des
concerts, avis partagé par M. Edouard Landrain député-maire d’Ancenis.
Depuis son renouveau, la formation s’est modifiée. La présidence aussi a changé,
Louis Blondel a cédé la place à Jean Delanoue chef des clairons, qui occupera ce
poste pendant 10 ans.
Afin d’accélérer l’incorporation des élèves à l’effectif, le bureau décide en
1984, de leur dispenser des cours gratuits au sein de la Société et de leur
prêter un instrument dès qu’ils sont en mesure de rejoindre le groupe
d’exécutants.
Pour fêter ses dix ans de renaissance, la Musique Municipale invite
Michel Berger lors du concert de Sainte Cécile 1989 intitulé « Tuba Séduction ».
Tuba soliste de l’Orchestre Philharmonique des Pays de Loire (OPPL), ancien directeur de l’Union Philharmonique de Nantes, enseignant titulaire au Conservatoire National de Nantes, il interprète deux morceaux pour tuba solo accompagnés par l’harmonie dirigée par Christian Prévot. C’est un grand jour pour nos musiciens qui, malgré le trac font une exécution très applaudie.
L’année 1994 a procuré d’autre satisfaction dues aux efforts de tous : réussite des élèves aux examens de solfège et d’instruments, ce qui se renouvellera régulièrement ; succès de la Société au Concours National de Musique à Brécey, dans la Manche, avec l’obtention d’un deuxième prix dans la troisième division, dans la catégorie harmonie. On ne s’arrêtera pas là !
En mai 1994, au Concours National d’Evres, en Indre-et-Loire, l’Harmonie obtient le premier prix en troisième division.
Désormais pour accéder à la deuxième division, il faudra travailler des
œuvres plus difficiles. Cela contribuera çà améliorer le répertoire, à attirer
un public qui doute de la valeur d’une musique comme la nôtre, à retenir les
musiciens de bon niveau tentés d’aller à Nantes grossir les rangs de la
Philharmonie.
La variété et la difficulté croissante des morceaux exécutés exigent une longue
préparation et font des concerts, de grands moments.
Pour la première prestation à la salle de la Charbonnière en 1994, la Société
montrait qu’elle était en mesure de faire entendre de la bonne musique.
Actuellement elle en offre de tous les genres : classique, de film, jazz, …
Monique Prévot succède à Jean Delanoue à la présidence de la Société en 1993.
Pour le centenaire de la Musique Municipale en 1997, un concours a rassemblé
plus de vingt Sociétés de Musique de toutes catégories. Pour clôturer ce
concours près de 1500 musiciens ont joué et chanté ensemble sur l’esplanade de
la Charbonnière.

6. Les années 2000 :
En 2002, Monique Prévot cède la place de présidente à Nadine Robineau.
Le 8 avril 2005, au cours du concert annuel de l’Harmonie, tous les
anciens musiciens qui ont joué au sein du groupe étaient invités pour fêter les
25 années de direction de Christian Prévot.
L’année 2006-2007 marque le début d’un changement pour la Musique
Municipale. Louis Berthe dirige l’harmonie en alternance avec Christian Prévot.
La présidence a également changée, Christophe Goguy succède à Nadine Robineau.
Depuis septembre 2007, Louis Berthe, a remplacé Christian Prévot à la
tête de l’harmonie. Ce changement est signe d’un renouveau pour la Société qui
évolue par son répertoire et sa composition.
Extrait de l’article de Monique LANGLOIS publié dans la revue "Histoire et
Patrimoine au Pays d’Ancenis" (ARRA, 1996 n°11)